Incendie du 3 rue Jacotot : tristement prévisible…

Le vendredi 13 mai, un incendie s’est déclaré au 3 rue Jacotot à Puteaux. On avait averti la Mairie, de longue date les risques que cet immeuble encourait. Heureusement, il n’y a pas eu de victimes, mais des blessés légers.

Immeuble insalubre Jacotot

Le 3 rue Jacotot fait partie de ces adresses qu’on ne s’attend pas à trouver à Puteaux : immeuble délabré ; sécurité non assurée (gaz, électricité, nuisibles, déchets pourrissant…). Mais qui hébergent, malgré tout des dizaines de familles et de personnes seules qui, faute de dossiers assez « solides » ou de revenus réguliers ne peuvent trouver à se loger ailleurs que dans ces taudis modernes. Et, étant donné la flambée des prix de l’immobilier à Puteaux, alimentée par les constructions toujours plus rutilantes et chères à l’achat comme à la location, ça ne risque pas de s’arranger ! Si tous les appartements ne sont pas insalubres (certains ont même été refaits ; à minima) la structure et les infrastructures du 3 rue Jacotot (3 bâtiments) sont largement douteuses et l’état de propreté (déchets pourrissant dans la cave depuis des années; rats; souris…) est incompatible avec la dignité humaine.

résident dehors Jacotot

Suite à l’incendie, la Mairie de Puteaux a proposé un relogement d’urgence aux familles touchées par le sinistre. Elles ont eu droit à 4 nuits à l’hôtel, payées par le CCAS. Mardi 17 mai au matin, elles étaient dehors et seules à attendre dans leur cour d’immeuble pour une éventuelle assistance ou aide de la Mairie de Puteaux. Car, beaucoup ont du mal avec la langue française ou ne sont pas habitués aux procédures administratives et d’assurances. Pour ceux qui en ont ! Car on trouve encore, parmi ces sinistrés des locataires à qui les propriétaires ne fournissent pas de bail, pas de quittances et donc pas d’assurances !

Aucun élu de la majorité, aucun adjoint à l’urbanisme ou au logement n’a daigné se déplacer ou prendre contact avec les sinistrés du 3 rue Jacotot. Seuls Christophe Grébert et moi même, élus de l’opposition sommes venus en aide à ces occupants, perdus. Il nous a fallu une demi journée de patience et de négociations pour, en milieu d’après midi avoir l’assurance de la part du Directeur de Cabinet de Mm le Maire que les familles les plus démunies seraient à nouveau logées en hôtel, pour deux nuits, jusqu’au jeudi 19 mai. Le CCAS ayant, par la voix de son directeur prétexté le matin même qu’ils « n’avaient plus d’argent » pour les nuits d’hôtel… Rappelons, au passage, que cela intervient deux semaines après la distribution par ce même CCAS de 2260 fours micro-ondes aux retraités de Puteaux. Le sens des priorités…

Sauf que, ce matin, mercredi 18 mai, l’hôtel met les familles dehors, prétextant qu’il est complet et que la Mairie ne prendra en charge, finalement qu’une seule nuit sur les deux promises !

A midi, je me rends sur les lieux pour discuter avec les naufragés du 3 rue Jacotot. Là, deux ASVP ayant pour mandat d’interdire l’immeuble aux badauds (pour risques avérés) me stipulent l’ordre, venu de « plus haut » de quitter les lieux ! Ou, quand un élu municipal est empêché de se rendre dans une partie commune d’un immeuble de sa ville !

Expertise Jacotot 18052016A quinze heures, l’expert mandaté par le tribunal administratif est enfin sur place. Et, pour la première fois en plusieurs jours, les services de la Mairie sont également présents en nombre, dont ceux de l’urbanisme et M Dromard (du Cabinet du Maire). Une fois de plus, aucun élu de la majorité et encore moins l’adjoint à l’urbanisme et au logement n’ont daigné se déplacer…

Le rapport de l’expert : L’immeuble peut à nouveau être occupé par ses habitants, sauf les deux appartements qui ont le plus été touchés par le feu et l’eau. Sous réserve d’une étude plus approfondie des infrastructures (à venir). Moindre mal, le couple et son bébé pourront ré intégrer leur appartement dès ce soir, mais sans électricité; celle ci sera remise, au mieux jeudi 19 mai.

Interrogée, la personne mandatée par le syndic de l’immeuble nous confirme qu’elle est prête, avec la majorité des propriétaires à faire les travaux de mise en sécurité, rapidement. Mais que pour les propriétaires récalcitrants, absents ou en illégalité, elle a besoin d’une lettre de la Mairie qu’elle attend depuis….quelques temps déjà.

Nous avions déjà alerté sur le 3 rue Jacotot et les risques que couraient ses habitants. Et ces risques ne se sont pas éteints avec cette incendie; bien au contraire.

Pourquoi a t il fallu que ce soit les élus d’opposition qui soient à l’œuvre pendant 48h pour soutenir ces naufragés ? Aurait-elle agi de la sorte si un immeuble neuf ou abritant d’autres citoyens (doit on dire, « électeurs ») de Puteaux avait pris feu ? (cette question émane d’une famille du 3 rue Jacotot)

Pourquoi les élus, notamment les élus de quartier et les adjoints en charge se désintéressent ils de leur concitoyens et de ce qui s’apparente à un taudis, à cent mètres de notre flamboyante Mairie ?

Quid des deux familles dont les appartements vont être murés ? L’OPH de Puteaux va t il débloquer, d’urgence deux logements sur le contingent de la ville ?

Oui, il y a parmi les résidents du 3 rue Jacotot des personnes qui ne peuvent plus payer leur loyer. Mais, ils sont avant tout des citoyens de notre ville, comme nous toutes et tous. Il est insupportable de voir ce traitement différencié entre citoyens d’une même ville. De quelle audace malsaine faut il faire preuve pour répliquer aux plus démunis de cette affaire, laissés à la rue : « Vous n’avez qu’à appeler le 115 » !

Quand on dispose de 280 millions d’euros de budget annuel, qu’on dépense des millions à tout va pour « le bien des putéoliens » (dixit Mm le Maire) que ce soit en voyages, cadeaux et autres « Palais », qu’on vient d’équiper la PM d’un véhicule futuriste à 45 000 euros (anti manif…ça va bien nous servir à Puteaux !) mais qu’on ne peut assurer la sécurité et la dignité minimales aux plus démunis, tout en accusant systématiquement « l’état « socialo » de tous les maux et notamment de faillir à sa charge, on évite de se décharger sur cet état.

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